La remontée vers le Québec et la prise de conscience de l’impermanence.

Faque c’est ça. Il reste deux dodos avant de se mettre en route vers le nord. Le 27 novembre, j’aurai 32 semaines et les risques relatifs à la grossesse ne seront plus assurés. Nous serons donc au Québec dans une semaine.

Vers la fin d’un voyage, j’ai toujours un sentiment de hâte de revenir. Pas que c’est plate là, mais juste que je commence à m’autoriser à penser à tout ce dont je m’ennuie et ce que j’ai hâte de retrouver. Pis là, ben c’est comme la fin d’un voyage. Bon, on ne rentre pas au bercail (Rimouski), on habitera plutôt Québec. Mais Québec c’est comme des vieilles pantoufles, on y a habité presque 10 ans, on y a plein d’amis dont nos meilleurs amis de toute la vie, on y a nos adresses préférées, nos lieux préférés. En plus, on s’en va dans Limoilou, notre quartier préféré de tous les temps. Bref, vous comprendrez notre enthousiasme : on ne rentre pas à la maison, on continue notre vie de nomade en s’arrêtant pour trois mois dans notre ville préférée !

Ce départ imminent nous fait spontanément penser à toutes sortes de petites et grandes choses auxquelles nous avons hâte, d’autres qui vont nous manquer et certaines autres qui ne nous manqueront pas du tout !

On a hâte :

  • de voir notre entourage, de faire des soupers, de célébrer ;
  • de pouvoir s’inscrire à des activités hebdomadaires ;
  • d’avoir plus d’espace dans notre maison, des pièces séparées;
  • de faire la vaisselle dans un vrai évier et d’avoir plein de comptoir pour cuisiner ;
  • d’avoir d’autres bras que les nôtres pour être avec les enfants et nous donner du temps de couple (message reçu ?!!! :P);
  • d’avoir une douche propre à portée de main en tout temps.

On est nostalgique :

  • de la liberté de notre vie sur la route ;
  • de le chaleur, de la plage, du soleil bien chaud ;
  • de voir les filles courir en pyjama dehors le matin ;
  • du yoga dehors, sur la plage ;
  • de la nouveauté constante, des changements perpétuels ;
  • de rencontrer plein de gens qui voyagent eux aussi.
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    (Yoga matinal sur la plage, Myrtle Beach, Caroline du Sud, É.-U., novembre 2015)

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    (Plage où nous avons passé 1 mois, Myrtle Beach, Caroline du Sud, É.-U., novembre 2015)

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    (Camping PirateLand, Myrtle Beach, Caroline du Sud, É.-U., novembre 2015)

On ne s’ennuiera pas :

  • de devoir préparer le campeur chaque fois qu’on doit se mettre en route (genre le attache et détache des 3 bancs d’auto qu’on doit enlever pour faire la table et un lit…) ;
  • de devoir faire les lits chaque soir (qui sont un divan et une table le jour) ;
  • des horribles nœuds dans les cheveux causés par les rayons UV, le trop de chlore des piscines et le sel de la mer (on a trois filles frisottées, hein !) ;
  • des jours de pluie en campeur ;
  • de ma grosse bedaine dans le lit pas assez large et dans le si étroit espace entre la cuisine et la table où j’essaie de cuisiner pendant, qu’évidemment, tout le monde veut passer.
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(L’installation des enfants dans le campeur.)

Vous comprendrez donc que ce sera très apprécié être en appartement avec plus de confort pour la fin de cette grossesse et pour accueillir le nouveau bébé. Pis bon, parce qu’il faut bien voir des bons côtés à tout, même à l’hiver qui ne nous dit rien qui vaille, c’est bon un café au lait en regardant la neige tomber et faire un bonhomme de neige un lendemain de tempête !

C’est drôle comme tout devient plus beau comme la fin approche, on profite plus pleinement de tout. Ça me fait penser au concept de l’impermanence. On prend soudainement conscience que ce que nous avons finira bientôt alors on entre en mode « on en profite au maximum ». Regarder la plage avec des yeux de dernière fois avant un bout, prendre le soleil chaud sur son visage avec encore plus de satisfaction. C’est bon d’être en mode « c’est la fin bientôt », tout est soudainement plus beau. Mais pourquoi on ne vit pas comme ça tout le temps ??!!!

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« Ha que vous êtes chanceux de pouvoir partir ! »

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(Capitol, Washington, DC, É.-U., octobre 2015)

 

On l’a entendu des dizaines de fois cette exclamation. Effectivement, on est très privilégiés ! Très privilégiés de réaliser le projet que nous avions en tête et que nous nous sommes fixé. Mais chanceux ? La chance pour moi, c’est que peu importe ce qu’on fait, une situation se produira.

Ce projet, nous l’avons travaillé, il ne nous est pas tombé dessus pendant une balade. Il a fallu d’abord que l’idée germe suffisamment et qu’elle prenne une grande place dans nos pensées et dans nos discussions, Olivier et moi.

Il a fallu aussi la prendre au sérieux cette idée. Je veux dire, on a plein d’idées en tête constamment, mais plusieurs ne se transformeront jamais en projet car on ne les considère jamais sérieusement. Dans nos têtes de parents de trois jeunes enfants (4 ans ½, 3 ans et 18 mois au moment de la décision) avec une maison, une voiture, plein de biens, une bonne job très appréciée pour Olivier, l’idée de changer notre vie et de partir pour une durée indéterminée en voyage semblait absolument farfelue. On lisait plein d’articles de gens ayant tout quitté pour écouter la graine de nomade qui n’attendait qu’à germer en eux. On la sentait bien cette graine. Bon pour être tout à fait honnête, je (Isabelle) la sentais bien. Olivier, c’était moins sûr. Il sentait certes le besoin de vivre autre chose que notre petite vie bien réglée, mais pas de là à être si radical dans ses changements de vie. Mais bon, c’est typique de nous deux ça : j’ai toujours été intense dans tout et lui plus modéré, plus réfléchi. Le parfait équilibre quoi ! (Ou plutôt le parfait générateur de conflit…) Cela dit, on adorait lire que d’autres gens faisaient le saut, mais pour nous, c’était une histoire de jeunes célibataires et c’était difficilement transposable à nous qui avions tant à penser avant même de prendre l’idée de partir au sérieux. Non mais tsé ! Des enfants ça vient avec des responsabilités, non ?

Alors lectures, lectures et recherches comblent nos soirées automnales rimouskoises absolument moches et glaciales. Et puis là, PAF ! On « rencontre » notre première famille virtuelle qui voyage intensément avec ses enfants. Puis, une seconde. Une troisième. Tiens, encore quelques-unes. C’était l’étincelle avec un grand É qu’il nous fallait pour aller de l’avant avec notre projet de voyage à long terme.

Maintenant pour s’en convaincre il a fallu calculer, passer en revue chaque chose à faire (l’emploi d’Olivier, la maison, la voiture, le budget, nos biens…) et évaluer les solutions à choisir. Certains soir, on avançait à grande vitesse pour reculer le lendemain devant l’ampleur de la tâche décisionnel et les embûches.

Le plus difficile a été de se convaincre, que nous avions assez d’argent pour partir. Depuis des années, on vit avec le seul salaire d’Olivier pour permettre aux enfants de grandir à la maison, à leur rythme. Pas besoin de spécifier que les économies sont assez difficiles. Mais bon, comme on a toujours considéré que l’on vit le niveau de vie selon notre budget, c’est à dire que plus on a d’argent et plus on augmente son rythme de vie et on dépense, on savait qu’on pourrait simplement changer notre rythme de vie et s’adapter au budget. Comme quand on était étudiants en fait.

Vous avez sûrement déjà remarqué que quand on prend une décision, il y a quelque chose (l’univers ? une divinité quelconque ? le destin ? le simple fait qu’on soit décidé ?) qui conspire pour qu’on arrive à nos fins. C’est exactement ce qui nous est arrivé, tout s’est placé simplement et relativement facilement au fur et à mesure des étapes que nous avons franchies pour mener au départ.

Alors donc :

  • l’achat du campeur : fait depuis l’été 2014 car nous savions que nous partirions, éventuellement, dans 3-4-5 ans, pour un court voyage ;
  • la maison : mise en location pour une période de 2 ans ;
  • la voiture : on l’a vendue ;
  • nos biens : on en a donné beaucoup dans les friperies, vendu par des groupes Facebook, donné ou prêté à long terme à notre entourage et finalement, entreposé 10 bacs chez nos parents ;
  • la rentrée en maternelle de la plus vieille : on fera l’école-maison (de plus la maternelle n’est pas obligatoire au Québec);
  • l’argent : nos petites économies et la vente de la voiture nous permettront de voyager probablement 6 mois si on gère bien (update : et on a effectivement bien fait ça ! Reste maintenant à trouver un plan pour la suite…)

Ça n’a pas été un processus linéaire. Toutes sortes d’options ont été analysées. Mais au fil des jours, une seule décision semblait logique et semblait aller de soi. On a été très attentifs à cet effet de « tout semble se faire tout seul » pour choisir une option. Par exemple, pour la maison, on a choisi d’essayer de la mettre en location sur Kijiji pour voir si ce serait une bonne option. En 24h top chrono, on avait de super locataires qui ont toute notre confiance.

Alors, chanceux, hein ? Non, on n’a pas réalisé notre rêve du jour au lendemain. Oui, on y a cru et on y a beaucoup travaillé.

Ah pis c’est vrai, la chance nous est tombée dessus : on a décidé de saisir « la chance » d’avoir une idée qui germait en nous.

Et vous, c’est quoi l’idée qui germe en vous ?

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(Source : Pinterest)